Depuis 2 heures du matin, des bus montent vers la Citadelle Laferrière sans s’arrêter, sous la pluie et le mauvais temps. Le 11 avril 2026, vers 13 heures, environ 3 000 personnes se trouvent sur le site. L’espace est saturé. La descente de température, la pression et l’humidité font les premières victimes. Une bousculade éclate lorsque la foule cherche à fuir l’espace intérieur. Les enfants sont parmi les plus touchés. Selon le directeur départemental de la protection civile, Jean Henry Petit, au moins 25 personnes perdent la vie et une trentaine sont blessées.
Dix heures après le drame, environ 12 cadavres sont encore à l’intérieur de la Citadelle. La police vient à peine d’arriver. Les familles, debout dans le noir, attendent des nouvelles sans qu’on leur réponde. Les renforts venus du Cap-Haïtien repartent faute de matériel. Sans secours officiels, ce sont les familles elles-mêmes qui descendent leurs morts à pied de la montagne.
Le 12 avril, lors d’un Conseil des ministres extraordinaire, le gouvernement décrète trois jours de deuil national du 14 au 16 avril, le drapeau en berne sur tout le territoire, et annonce la prise en charge des frais funéraires des victimes. Le même jour, sept personnes sont arrêtées par le SDPJ/Nord : cinq agents de sécurité de la mairie de Milot et deux employés de l’ISPAN. Le lendemain, le maire de Milot, Wesner Joseph, est interpellé à son tour. Il nie toute responsabilité, renvoyant la gestion du site à l’ISPAN. Ses administrés brûlent des pneus pour exiger sa libération.
Le 14 avril, Jean Gardy Denis, directeur général du ministère de la Culture, présente sa démission au Premier ministre, dénonçant une mauvaise gestion du patrimoine culturel national.
Le 27 avril, Wesner Joseph est auditionné par la juge d’instruction. Le lendemain, il est remis en liberté. Son retour à Milot est accueilli par plusieurs milliers de personnes dans les rues.
L’enquête reste ouverte. Les responsabilités n’ont toujours pas été établies.



