Ce mercredi 29 avril 2026, la Cour suprême des États-Unis a entendu les plaidoiries dans l’affaire qui pourrait sceller le sort de centaines de milliers d’Haïtiens vivant légalement sur le sol américain. Les signaux envoyés par la majorité conservatrice de la Cour sont loin d’être rassurants pour la communauté haïtienne.
Tout avait commencé le 2 février dernier, lorsque la juge fédérale Ana C. Reyes, siégeant à Washington, avait bloqué la décision de l’administration Trump de mettre fin au TPS pour les Haïtiens, à la veille de son expiration. Dans une opinion de 83 pages, elle avait conclu qu’il était « substantiellement probable » que la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem avait agi par hostilité envers les immigrants non blancs, et ignoré délibérément les milliards de dollars que les bénéficiaires haïtiens du TPS contribuent à l’économie américaine. L’administration avait immédiatement annoncé son intention de porter l’affaire devant la Cour suprême.
Ce mercredi, la majorité conservatrice a semblé prête à donner raison à l’administration, questionnant notamment si les tribunaux ont même le pouvoir de contrôler ce type de décision. Une décision est attendue avant fin juin, avec des implications directes pour environ 350 000 Haïtiens protégés par ce statut, mais aussi pour plus d’un million de ressortissants de 17 pays dans la même situation.
Ce débat juridique masque la réalité économique brutale qui attend Haïti en cas de décision défavorable. Les transferts de la diaspora représentent près de 20% du PIB national. Environ 750 000 ménages haïtiens dépendent de ces envois pour se nourrir, se soigner et scolariser leurs enfants. Si ces 350 000 Haïtiens perdent leur droit de travailler, c’est une artère vitale de l’économie nationale qui se ferme, dans un pays où 52% de la population souffre déjà d’insécurité alimentaire aiguë.
Source: CNN, NPR



