Force de répression des gangs

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Force multinationale en Haïti : entre espoir affiché et réalités du terrain

Le 23 avril 2026, l’envoyé spécial de l’ONU pour Haïti, Carlos Ruiz Massieu, s’est exprimé devant le Conseil de sécurité pour saluer les progrès politiques accomplis dans le pays, tout en appelant au déploiement intégral et rapide de la Force de répression des gangs. Un discours qui contraste avec les chiffres qu’il a lui-même cités : plus de 1,45 million de personnes déplacées, des massacres documentés à Jean-Denis et Marigot en mars et avril, et une situation sécuritaire qu’il qualifie lui-même d’« extrêmement préoccupante ».

Sur le terrain, les données parlent d’elles-mêmes. Entre mars 2025 et janvier 2026, plus de 5 500 personnes ont été tuées selon Médecins Sans Frontières, qui alerte par ailleurs sur l’effondrement du système de santé haïtien. Environ 40% des établissements de soins étaient fermés en 2025. Dans les sites d’accueil improvisés où survivent près de 200 000 déplacés à Port-au-Prince, un quart des patients souffre de la gale et 27% des enfants de moins de cinq ans présentent des infections respiratoires.

La Force multinationale autorisée par l’ONU et composée de 5 500 hommes a commencé à se déployer début avril. Son mandat officiel est de réduire la capacité opérationnelle des gangs à un niveau que les institutions haïtiennes pourront gérer durablement. Mais les experts soulignent que le pays traverse simultanément une transition politique majeure, avec des élections générales prévues pour août 2026 et plus de 300 partis enregistrés, dans un contexte où des zones entières du territoire restent inaccessibles aux forces de l’ordre.

Le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, signé en février sous l’impulsion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, fixe un cadre ambitieux. Mais plusieurs acteurs politiques, dont des signataires de l’Accord de Montana, ont refusé de le signer, le jugeant insuffisamment inclusif. L’ONU elle-même reconnaît que sans amélioration tangible de la sécurité, les progrès institutionnels accomplis ne pourront être pérennisés. La question reste ouverte : la Force multinationale aura-t-elle le temps, les moyens et la volonté politique de changer réellement la donne avant le scrutin d’août ?

Source: ONU infos MSF

Saïka Jahelle PIERRE
Saïka Jahelle PIERREAutrice pour GN Mediapropulsé par Guy WEWE Network

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