Le 12 mai, Gessica Généus montera les marches du Festival de Cannes avec « Marie-Madeleine », son deuxième long-métrage, sélectionné en Cannes Première. Une date qui prend une dimension particulière quand on mesure ce qu’il a fallu traverser pour y arriver.
Le film a été tourné en 2025 à Jacmel, dans le Sud-Est d’Haïti, dans des conditions décrites comme risquées. Le pays vivait alors l’une des pires crises sécuritaires de son histoire récente. Filmer dans ce contexte n’était pas un choix anodin. Gessica Généus a choisi de poser sa caméra sur des réalités que beaucoup préfèrent ignorer : une travailleuse du sexe confrontée à l’intolérance religieuse montante, un jeune homme forcé de cacher son homosexualité. Des corps et des vies que la société haïtienne tient à l’écart.
Ce n’est pas la première fois qu’elle emprunte ce chemin. « Freda », tourné fin 2019 à Port-au-Prince en pleine turbulence politique, avait atteint Cannes en 2021 dans la section Un Certain Regard, avant de remporter vingt-cinq prix internationaux. Cinq ans plus tard, la réalisatrice revient dans une section plus affirmée, Cannes Première, réservée aux cinéastes dont la voix est déjà reconnue.
Le 12 mai, cette voix résonnera à nouveau sur la Croisette. Depuis Jacmel, depuis Haïti, depuis l’intérieur de la crise.
Source: Sanosis productions



