Virus des andes

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Virus des Andes à bord du MV Hondius : trois morts et une transmission interhumaine confirmé

Le 2 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé recevait une notification du Royaume-Uni : plusieurs passagers d’un navire de croisière néerlandais présentaient une maladie respiratoire sévère en plein Atlantique. Trois étaient déjà morts. Le MV Hondius, parti d’Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril avec 88 passagers et 59 membres d’équipage, venait de devenir le théâtre d’un foyer d’hantavirus sans précédent dans l’histoire maritime.

Au 6 mai, l’OMS recensait 8 cas, dont 3 confirmés par test PCR en laboratoire, 3 décès, un passager britannique en soins intensifs en Afrique du Sud et 3 individus présentant des symptômes légers. Les premiers signes cliniques étaient apparus entre le 6 et le 28 avril : fièvre, troubles gastro-intestinaux, suivis d’une progression rapide vers une pneumonie, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et un état de choc. Le séquençage du génome viral, confirmé le 6 mai, a identifié la souche dite « virus des Andes », présente en Amérique du Sud.

Le hantavirus n’est pas un virus inconnu. Chaque année, environ 200 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus sont recensés dans le monde, avec un taux de mortalité moyen de 40 %. À ces chiffres s’ajoutent entre 150 000 et 200 000 cas annuels de fièvre hémorragique avec syndrome rénal, essentiellement en Asie et en Europe. Ce qui distingue le cas du MV Hondius de tous les précédents tient en un seul point : la transmission. Le virus des Andes est le seul hantavirus connu pour lequel une transmission interhumaine a été scientifiquement documentée. En 2018, une épidémie de cette même souche avait impliqué 34 cas dans la ville d’Epuyén, en Argentine, maîtrisée uniquement par une quarantaine stricte, après identification de plusieurs superspreaders. Le MV Hondius est parti de ce même pays.

. Dans un navire de croisière, le confinement, la densité humaine et les systèmes de ventilation partagés créent des conditions que les modèles épidémiologiques habituels du hantavirus n’avaient jamais eu à traiter. Il n’existe à ce jour aucun vaccin homologué contre le virus en dehors de la Chine et de la Corée du Sud, et aucun traitement curatif spécifique. Les autorités du Cap-Vert, des Pays-Bas, d’Espagne, d’Afrique du Sud et du Royaume-Uni ont initié une réponse internationale coordonnée. Trois passagers ont été évacués par avion sanitaire le 5 mai vers les Pays-Bas et l’Allemagne.
Pendant que cinq pays coordonnent leur réponse et que l’OMS déploie ses équipes, Port-au-Prince n’a émis aucune déclaration, aucune mise en garde, aucun protocole. Dans un pays dépourvu de système de veille épidémiologique opérationnel, où la densité urbaine et la fragilité des infrastructures sanitaires constituent un terrain favorable à toute propagation virale, ce silence n’est pas anodin.


Source: Organisation mondiale de la santé (OMS), Africa CDC

Saïka Jahelle PIERRE
Saïka Jahelle PIERREAutrice pour GN Mediapropulsé par Guy WEWE Network

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