Cap-Haïtien: le retour de Michel Saint-Croix

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Le 6 mai 2026, le ministère de l’Intérieur désignait Michel Saint-Croix président du nouveau cartel municipal intérimaire du Cap-Haïtien, accompagné de Vreus Micardo et d’Edeline Jean. Une nomination qui met fin à l’administration d’Angie Bell, Patrick Almonor et Isaac Pierre-Louis, chassée par plusieurs jours de protestations populaires dénonçant les inondations, l’insalubrité et la dégradation des infrastructures de la deuxième ville du pays.

Michel Saint-Croix n’est pas un inconnu dans les couloirs de l’Hôtel de Ville. Il avait déjà occupé le poste de maire principal du Cap-Haïtien, notamment lors des inondations de 2007 provoquées par le passage de la tempête tropicale Noël, où il avait ordonné la destruction de maisonnettes construites dans des zones à risques et sur des canaux d’évacuation. En 2010, après le séisme, une délégation française venue évaluer les coopérations décentralisées l’avait rencontré. Le sujet prioritaire était déjà la collecte et le traitement des déchets qui s’amoncelaient dans les rues. Des années plus tard, Port-au-Prince le rappelle. Les mêmes déchets. Les mêmes canaux. Le même homme.

La nouvelle avait circulé dans les rues du Cap-Haïtien avant même d’être officielle. Les réactions sont partagées. Certains saluent le retour d’une figure expérimentée. D’autres, plus nombreux, évoquent des allégations de mauvaise gestion et de corruption pendant son précédent mandat, sans que des poursuites judiciaires n’aient à ce jour été documentées publiquement. Dans les rues, le verdict populaire se résume en une phrase : « Okap 2006 la pa Okap 2026 la. » Une ville universitaire, jeune, politiquement consciente, qui dit clairement que les repères ont changé.

L’administration Bell n’aura pas tenu. Installée en septembre 2025 avec un mandat affiché autour de la gestion des déchets, du projet LAVIL en partenariat avec Cities Alliance et de la création d’un Conseil de sécurité municipal, elle aura été emportée en moins de huit mois par une mobilisationpopulaire. Ce que la population a sanctionné, c’est moins un bilan qu’une absence de résultats visibles sur des problèmes structurels vieux de plusieurs décennies.

Dans un pays qui se prépare à organiser des élections générales en août 2026, nommer un visage de l’ancienne garde à la tête d’une ville universitaire et politiquement active ressemble moins à une solution qu’à un réflexe. Celui d’un système qui, face à la crise, se tourne vers ce qu’il connaît plutôt que vers ce qui émerge. La question qui se pose désormais n’est pas de savoir si Michel Saint-Croix saura gérer la ville. Il l’a déjà fait. Elle est de savoir si refaire ce qui a été fait suffira, dans un Cap-Haïtien de 2026, à une population qui a clairement montré qu’elle ne se contentera plus du minimum.


Source: Ministère de l'Intérieur d'Haïti

Saïka Jahelle PIERRE
Saïka Jahelle PIERREAutrice pour GN Mediapropulsé par Guy WEWE Network

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