La maladie du charbon constitue un risque sanitaire documenté et récurrent dans plusieurs départements d’Haïti, en particulier dans la Grand’Anse.
Le 25 mai 2026, un utilisateur du réseau social X, @alerque_, a signalé trois cas en huit jours dans le grand sud du pays, accompagnés de morts de bovins à Grand’Anse et à Tiburon. Si ces cas n’ont pas encore été officiellement confirmés par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) ou l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS/OMS), ils rappellent la nécessité pour la population de connaître les modes de transmission de cette maladie et les mesures pour s’en prémunir.
La maladie du charbon, ou anthrax, est causée par la bactérie Bacillus anthracis, dont les spores peuvent survivre des décennies dans le sol. Selon l’OPS/OMS, il s’agit d’une zoonose : une maladie transmissible de l’animal à l’homme. Elle touche principalement les ruminants domestiques; bovins, ovins, caprins, et se manifeste le plus souvent par des morts subites d’animaux, sans signe avant-coureur visible.
La contamination humaine survient par trois voies, selon l’OMS. La voie cutanée, la plus fréquente, représente plus de 95 % des cas dans le monde : elle résulte d’un contact direct avec un animal infecté ou ses produits. La voie digestive survient lors de la consommation de viande d’un animal mort de la maladie. La voie pulmonaire, la plus rare et la plus grave, est liée à l’inhalation de spores. En Haïti, la voie digestive constitue le principal vecteur de contamination humaine, selon le MSPP, en raison de la pratique courante de consommer la viande d’animaux morts de cause inconnue.
Les populations rurales en contact régulier avec des animaux d’élevage sont les plus exposées. Selon l’OPS/OMS, 192 cas d’anthrax ont été notifiés sur le territoire national en 2022, dont 67 dans le seul département de la Grand’Anse. Le 12 juillet 2024, le MSPP avait alerté sur des cas suspects à Fort Royal, première section communale de Petit-Goâve, survenus après que plusieurs personnes avaient consommé la viande d’un animal mort subitement, selon HaitiLibre.
La prévention repose sur des gestes simples mais stricts. Le MSPP recommande de ne jamais consommer la viande d’un animal mort de cause inconnue, d’éviter tout contact avec un animal malade ou mort subitement, de se laver les mains après manipulation d’animaux ou de leurs produits, de consulter immédiatement un professionnel de santé en cas de plaie suspecte ou de fièvre après contact avec un animal, et de signaler toute mort animale inexpliquée aux autorités sanitaires locales. Pour les éleveurs, la vaccination annuelle des troupeaux demeure la mesure préventive la plus efficace.
La Grand’Anse et les départements du grand sud concentrent l’essentiel des cas annuels recensés en Haïti, selon l’OPS/OMS. La maladie, identifiée dans le pays depuis le XVIIIe siècle, y demeure endémique. En avril 2023, la Direction de la Santé Animale du MARNDR, avec l’appui de l’OPS/OMS, avait vacciné 150 000 herbivores dans la Grand’Anse. Cette initiative reste insuffisante à elle seule : tant que la surveillance vétérinaire de terrain sera limitée et que les pratiques à risque perdureront, la maladie du charbon continuera de menacer les communautés rurales du pays.
Source: paho.org MSPP post @alerque_ publié le 25 mai 2026 sur X.



