Le virus Ebola revient, dix ans après la pire épidémie de son histoire

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Dix ans après la flambée de 2013-2016 qui a fait 11 300 morts et 29 000 cas en Afrique de l’Ouest, le virus Ebola est de retour. Au 19 mai 2026, la RDC enregistre plus de 500 cas suspects et 130 décès , causés par le virus Bundibugyo, une souche rare du dit virus. Ce mercredi 20 mai, l’OMS a officiellement déclaré à Genève que l’épidémie constitue une urgence sanitaire publique de portée internationale; une première : la décision a été prise avant même la convocation du comité d’urgence.

Des cas ont été confirmés dans la Province de l’Ituri, à Kinshasa et à Kampala en Ouganda. Il s’agit du 17e épisode d’Ebola en RDC depuis 1976. Au moins quatre soignants sont décédés, révélant des failles dans les mesures de prévention et le manque d’équipements de protection dans les établissements de santé.

Identifié en 1976 lors de deux flambées simultanées au Soudan et en RDC, le virus a fait 431 morts dès sa première apparition. Le taux de létalité moyen est de 50%, pouvant atteindre 90% dans les formes les plus graves. Des années de réductions de l’aide internationale ont affaibli les systèmes de surveillance, retardant la détection de plusieurs semaines.

Les symptômes apparaissent entre 2 et 21 jours après l’exposition et comprennent fièvre soudaine, fatigue intense, douleurs musculaires, maux de tête, vomissements, diarrhée et, dans les cas graves, hémorragies internes et externes. Le diagnostic clinique est difficile car les symptômes initiaux sont peu spécifiques seuls les tests en laboratoire permettent de confirmer l’infection.

Le virus se transmet à l’homme par des animaux infectés, puis de personne à personne par les liquides corporels : sueurs, sang, matières fécales. Il se transmet de la mère à l’enfant, du mari à l’épouse, du patient au soignant, du cadavre d’une victime à un parent en deuil. La souche Bundibugyo est particulièrement préoccupante : aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe contre elle.

Les mesures de prévention reposent sur l’isolement immédiat des cas suspects, la traçabilité des contacts, le port d’équipements de protection pour les soignants, l’hygiène stricte des mains et l’évitement de tout contact avec des personnes malades ou des cadavres. En l’absence de vaccin contre le Bundibugyo, les autorités sanitaires s’appuient exclusivement sur ces mesures préventives pour contenir l’épidémie.

L’épidémie évolue dans un contexte d’insécurité et de crise humanitaire qui complique l’accès des équipes de réponse. L’Africa CDC estime que le risque de propagation dans les pays voisins est élevé. Les États-Unis ont déjà restreint l’entrée des voyageurs en provenance de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud.

Haïti, pays à système de santé fragilisé et aux ressources limitées, doit se préparer dès maintenant. Bien qu’aucun cas ne soit signalé dans la Caraïbe, la mobilité internationale rend la vigilance indispensable. Tout voyageur rentrant d’Afrique centrale présentant fièvre, saignements, vomissements ou diarrhée doit s’isoler immédiatement et consulter un médecin sans délai, en signalant ses antécédents de voyage. Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) doit renforcer les contrôles aux points d’entrée aéroports et ports et sensibiliser le personnel médical à la détection précoce. Face à Ebola, la prévention est la seule arme disponible.

Source: Cdc.gov OMS

Saïka Jahelle PIERRE
Saïka Jahelle PIERREAutrice pour GN Mediapropulsé par Guy WEWE Network

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