Élections repoussées en Haïti : l’éternelle attente du décret officiel

Publié:

Le premier tour des élections générales haïtiennes n’aura pas lieu le 30 août 2026. Dans un entretien accordé au quotidien Le Nouvelliste lors d’une visite au Vatican le 9 mai 2026, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a déclaré qu’il serait « irresponsable » d’organiser le scrutin dans les conditions sécuritaires actuelles. Il a annoncé que le premier tour se tiendra fin 2026, soit trois mois après la date initialement prévue, avec pour objectif l’investiture d’un président élu le 7 février 2027.

Selon les données publiées par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), entre janvier et mars 2026, 1 642 personnes ont été tuées et 745 autres blessées dans les violences liées aux gangs armés. Le Premier ministre a lui-même reconnu, dans la même interview, que les conditions sécuritaires ne sont pas réunies au niveau requis pour organiser des élections en août.

Sur le plan juridique, le décret électoral définitif n’est pas encore adopté. Selon un communiqué du gouvernement haïtien publié le 14 mai 2026, le Premier ministre a engagé une série de consultations nationales : une rencontre avec le secteur privé le 7 mai, une session avec des partis et organisations politiques le 12 mai, et une séance avec des organisations de défense des droits humains le 14 mai. Interrogé par Le Nouvelliste, le secrétaire d’État à la Communication a indiqué que le projet de décret électoral soumis par le CEP le 24 avril 2026 est « actuellement à l’étude ».

Le contenu de ce nouveau projet suscite des divisions au sein de la classe politique. L’article 139 du projet exige que chaque parti politique éligible dispose d’un minimum de 30 000 adhérents jouissant de leurs droits civiques et politiques. Cette exigence s’ajoute aux frais d’inscription fixés par l’article 157 du décret du 1er décembre 2025 : deux millions de gourdes pour un candidat à la présidence, huit cent mille pour un candidat au Sénat, trois cent mille pour la députation.

Le processus repose sur un cadre institutionnel fragilisé. Depuis février 2026, un Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections lie le gouvernement Fils-Aimé au Conseil électoral provisoire (CEP). C’est l’harmonisation de ce Pacte avec le décret du 1er décembre 2025 qui motive la refonte du texte, selon un communiqué du CEP daté du 9 avril 2026. Une journée de travail avait alors réuni à la Villa d’Accueil le Premier ministre, les membres du CEP et le ministre de la Justice Patrick Pélissier.

Sur les 320 partis politiques inscrits, 282 ont été agréés par le CEP conformément à l’article 144 du décret du 1er décembre 2025, selon une publication du Conseil électoral datée du 26 mars 2026. Les opérations d’inscription des électeurs et d’enregistrement des candidats, prévues en avril, restent suspendues dans l’attente de la publication du nouveau texte.

Pour Haïti, qui n’a pas organisé d’élections depuis 2016, chaque semaine supplémentaire sans décret définitif rapproche le risque d’un nouveau report général. Selon un communiqué du gouvernement publié le 14 mai 2026, l’exécutif réaffirme son engagement à permettre l’installation des parlementaires en janvier 2027. L’échéance du 7 février 2027 dépendra de l’évolution sécuritaire et de la finalisation du décret électoral.

Source: Primature, Le Nouvelliste

Saïka Jahelle PIERRE
Saïka Jahelle PIERREAutrice pour GN Mediapropulsé par Guy WEWE Network

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Related articles

spot_img

Recent articles

spot_img